22 novembre 2006
Histoire de chat
Certains destins de star prennent de sacrés coups dans l’aile.
Comme le jour où Louloutte s’est pris une gamelle dans la baignoire (pleine) en voulant jouer à l’équilibriste Pinder sur sol mouillé. Comme le jour où Louloutte a cru être un oiseau et s’est perchée tout en haut, sur le chauffe-eau, en se demandant bien comment redescendre sans l’aide de personne (réclamer de l’aide étant pour Madame Chat un déshonneur brûlant), et n’ayant après quelques minutes de réflexion que pour seule issue celle de miauler pour se faire localiser. Comme le jour où Louloutte, prenant un verre de Martini pour une écuelle d’eau, s’est retrouvée ronde comme une queue de pelle et n’a pu terminer sa soirée qu’en titubant jusqu’à son panier.
Il y a des jours comme ça, où la réputation de Madame De Gouttière se prend une claque, tout comme hier.
Depuis quelques jours, ma main caresseuse (la même qui se prend des coups de crocs sans prévenir) sentait sous le pelage doux et soyeux de Comtesse Louloutte quelques bosses inquiétantes, de plus en plus nombreuses et dures. Mon sang n’a fait qu’un tour (ne jamais consulter Internet lorsque l’on se pose des questions de santé, il suffit de taper « grosseurs chat » pour tomber sur toutes les histoires glauques de chats cancéreux morts dans d’atroces souffrances), je passe un appel au véto qui n’arrange rien (« il faut me l’amener d’urgence »). Oups.
Hier soir, chez le véto, dans la salle d’attente, j’entends derrière la porte coulissante un chien visiblement pas content qui grogne et la maîtresse s’inquiète « est ce que Bichou va s’en sortir? ». Le véto explique de sa voix calme que Bichou vient juste de se faire vacciner, que ses jours ne sont pas en danger, qu’il sera un peu paf ce soir, mais que demain tout ira mieux.
Quelques secondes plus tard, Bichou, un doberman géant d’au moins cinquante kilos pointe son nez d’un air mauvais. A cet instant, je me dis que je n’aimerais pas être Louloutte, car là, de toute évidence, le rapport de force n’est pas en sa faveur. Mon seul réflexe est de prendre la caisse dans mes bras, comme si cela pouvait faire une différence en cas d’attaque imminente (sinon que Louloutte ne se retrouve plus à l’étage « patte » du Doberman mais devant son museau, pas sûr qu’elle me soit reconnaissante de ce geste…). Mais non, Bichou est une crème et il s’en fout.
A mon tour, je pose la caisse de Louloutte, ouvre la cage, le chat ne veut pas sortir, elle se tasse au fond (sans doute l’odeur de chien...). Je lui parle, explique bêtement à mon Minou en Sucre qu'il faut qu'elle sorte (comme si elle allait m'obéir, moi la traître), tandis que le véto prend la caisse, la retourne sans état d'âme, et Louloutte tombe comme un sac. J’explique mon cas, le véto tâte le chat qui grogne, commence à perdre ses poils et à suer par les coussinets. Au passage, elle lacère le bras du véto qui finit par la lâcher (en pensant très fort « sale bête! »).
Votre chat n’a pas de tumeur.
Elle a juste des puces.
La honte.

06 novembre 2006
Sieste (avant l'hibernation)

Chat fatigué ayant besoin d'une pause... après de longues heures à mater les oiseaux... dure journée.
11 octobre 2006
Comment va Louloutte?
Une lectrice anonyme (enfin non, pas vraiment, puisqu’elle m’a envoyé un email, mais disons que pour les besoins du blog, on va dire que si) m’a écrit récemment pour me demander des nouvelles de ZeKat, alias Louloutte.
Sur l’instant, l’email me fait sourire. Une inconnue qui me demande des nouvelles de mon chat, c’est inattendu. Puis j’exulte de joie. Mon chat est une star. Bon, ça, je le savais déjà, ceux qui m’entourent le savent aussi, mon chat est un Maharadjah, un Sphinx, une Vache Indienne, tout ce qu’on veut qui soit sacré. Louloutte est une légende, il faudra bien s’y faire (de toute façon, ceux qui l’approchent et qui ne l’ont pas compris en la traitant comme un vulgum cattum* s’en mordent les doigts… et doivent tôt ou tard retirer de leurs cuisses les restes de griffes à la pince à épiler… c’est ainsi).
Comment va Le Chat, donc ? Bien, plus que bien. Elle a retrouvé ses poils. Oui, ceux d’hiver qui sont plus épais, plus drus et plus nombreux (est-ce possible ?) que ceux d’été. La pousse est fulgurante, au départ on se dit que Louloutte a grossi (excès de Filletines Gourmet au thon, oui le truc qu’en bon esclave on achète à l’heure de la pause dej’ et qui coûte deux euros la gamelle… à quatre gamelles par jour, votre chat vous coûte plus cher que la cantine du bureau, café compris… bref), mais non le chat a juste pris du poil. De quoi donner envie de militer pour le chat hybride sans cheveu. Ca serait moche mais infiniment plus pratique.
Malgré la couverture supp’ qui lui pousse sur le dos (et qui finira inévitablement en couche épaisse sur vos pulls propres ou draps blancs neufs), Louloutte se pèle. Elle a besoin de chaleur. Qui dit chaleur dit couette ou humain et Louloutte a donc repris ses droits (disons qu’elle a mis fin au prêt à titre gracieux qu’elle vous faisait de vos sources de chaleur : lit, pull, couette). Louloutte ne vous lâche plus d’un poil. A peine êtes-vous assis que Minette vient se poser sur vos genoux, en s’étalant sur votre bidon pour profiter de la chaleur de votre estomac en digestion.
La nuit, ZeKat organise des opérations d’invasion presque souterraines, en se glissant incognito sous la couette. En pleine nuit, on sent bien quelque chose qui gêne, mais au lieu d’ouvrir des yeux fatigués, on se pousse. Erreur. Louloutte est désormais au milieu du lit, bien au milieu. Heureusement que le Seigneur n’a pas donné des mains au chat, il aurait été capable de vous piquer la couverture.
Louloutte veut qu’on lui change sa litière, Louloutte veut jouer (à trois heures du mat’, heure de pointe du chat), Louloutte veut manger là tout de suite (et surtout pas la pâtée qui a une heure d’âge posée sur son plateau perso), et si possible le bout de poulet qui est dans votre assiette, Louloutte se couche sur le dos et montre son ventre, une technique très avancée pour refournir le tapis dépecé tranquillement à la griffe tous les matins, Louloutte monte sur la table, Louloutte pique le bout de gras tandis que vous cherchiez le dessert, Louloutte dort pendant que vous bossez, Louloutte dort pendant que vous faites le ménage (Opération No Poil, longue et à efficacité presque nulle), Louloutte dort pendant que vous faites ses courses.
Bref, Louloutte va très bien.

* vulgaire chat – expression à ne jamais prononcer devant Louloutte. Un chat ne sait pas encore se boucher les oreilles.
20 août 2006
Dans les yeux de mon chat

Dans les yeux de mon chat, toutes les émotions passent, toutes les questions s'arrêtent un jour, toutes les envies et tous les instincts y font un détour.
Dans ses yeux, je lis la fidélité éternelle, aussi discrète que les déclarations d'amour les plus vraies, celles que l'on ne formule pas dans leur totalité pour préserver leur beauté et leur fragilité, celles que l'on devine, celles que l'on tait tant elles sont fortes.
Dans les yeux de mon chat, il y a un ventre immense, une fatigue insolente, une curiosité incessante, un besoin de caresse, une envie de jeux, une vie vécue dans l'instant qui se répète chaque jour, avec les mêmes repères, les mêmes rythmes.
Dans ses yeux, je vois une longue histoire entre elle et moi. Une très belle histoire.
29 juillet 2006
Mais qui est Louloutte?

A tous ceux qui se demandent qui est Louloutte ou ce qu'elle devient...
C'est une star.
Comme d'habitude.